Briller de pleins feux

Je me suis longtemps demandée ce qu’était le PEQ, pourquoi il y avait tant d’engouement pour cette activité et en quoi elle se démarquait d’une simple réunion de parti politique. Peut-être n’aurais-je à vous présenter qu’une ébauche de réponse, mais celle-ci me semble être la plus à propos.

Le PEQ, c’est d’abord et avant tout une occasion pour les adeptes de la vie politique et de la simulation parlementaire de briller de tous leurs feux. Les orateurs-nés sauront profiter de cet événement pour ramollir leur langue de bois abîmée par les nombreux excès des Fêtes et les nombreux silences exigés lors de la première journée du PEQ, journée plutôt cérémonieuse. Quant aux « intellectuels » — à défaut de leur trouver une autre appellation —, ils s’exerceront aux prouesses savantes de haute voltige tandis que les recrues tenteront simplement de broder quelque chose au meilleur de leurs connaissances. Quant aux autres, à ceux que je pourrais qualifier de « simples joueurs » (si seulement ils existent en dehors de ma personne), ils observent avec candeur leurs collègues se démener afin de prouver à leurs comparses la hauteur de leur passion. Toute cette bande de joyeux lurons, tous prêts à faire leur preuve, tâchera de survivre non seulement au froid de la Capitale-Nationale, mais également au légendaire manque de sommeil trop souvent associé au travail bien fait.

Pouvons-nous ressentir une certaine angoisse face au travail que nous devons livrer? Cela serait un péché. Il faut, en bon Rouge que nous sommes, nous raidir devant l’attaquant et nous enorgueillir d’un bon mot dans le but de faire passer l’autre pour un moins bon que soi. Plus souvent, il faudrait que nous leur répétions qu’il est plus honorable, plus louable de participer que de gagner. Que pourrions-nous gagner au sens strict du terme de toute manière? Le prestige? L’honneur? La gloire? Peut-être est-ce l’esprit dans lequel le PEQ doit nous plonger. S’il ne l’est pas, alors quelle ligne de conduite devrions-nous suivre? Et si celle du plaisir prévalait? Non pas seulement celui de participer, mais plutôt celui de se dépasser, de se surpasser même, dans nos propres compétences et nos propres façons de travailler, de penser. Et si l’aventure du PEQ reflétait un bagage de connaissances et d’expériences acquises à coup de relecture et de réécriture que nous ramenons à la maison et qui pourrait nous servir pour le reste de notre vie? Cela est certes quelque peu utopique, car l’esprit de l’Assemblée nationale est justement construit sur le désir de souligner le travail mal fait ou les oublis de notre homologue. C’est donc avec une bonne dose de résignation que je conclus ce premier billet, dans l’espoir que les Rouges livreront le meilleur d’eux-mêmes et aussi, une partie de ce qui les définit en tant que passionnés de politique.

Laurence Toth

 

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