La politique au centre du marché

Les rouges le martèlent à travers leurs discours, selon eux, il faut réduire la taille de l’État. Allègement, cure minceur et efficacité sont répétés et remâchés pour faire référence à ce principe cher aux rouges. D’ailleurs, nombreuses sont les mesures qu’ils préconisent à travers leurs projets de loi qui visent à favoriser le marché et sa déréglementation. L’abolition d’agences et d’organismes gouvernementaux, la privatisation de sociétés d’État et l’imposition d’un taux unique de taxation font partie des moyens envisagés par le caucus afin de tendre vers leur idéal.

Bien que le parti rouge compte en son sein une aile plus à droite, le Red Liberty Caucus, les propositions visant la réduction de la taille de l’État semble très populaire chez l’ensemble des députés. Du moins, à en croire les applaudissements que reçoivent les députés faisant mention de certaines de ces mesures au Salon bleu, il ne fait aucun doute que les députés adhèrent au retrait de l’État au profit de la responsabilité individuelle.
Or, la main invisible du marché ne l’est sans doute pas autant que se plaisent à le dire les députés rouges. Leur précieux marché n’est peut-être pas aussi « naturel » qu’ils le prétendent. Ces derniers semblent quelque peu négliger, dans leur discours, l’idée que c’est eux, à travers leurs actions politiques, qui le façonne. La structure du marché découle directement des politiques gouvernementales et des institutions politiques. Le marché est donc avant tout politique et non strictement économique.

Si les rouges souhaitent retirer l’État du marché, ce dernier, lui, ne peut être complètement soutiré de l’État. Ce constat est évidemment aussi vrai pour les rouges que pour les bleus. Il importe donc aux deux partis de considérer que la place de l’État dans le marché dépend de prime abord de la place que les gouvernants politiques souhaitent bien lui accordée. De ce point de vue, il est clair que les deux partis conçoivent fort bien leur rôle dans la structuration du marché. Les rouges sont d’ailleurs très actifs dans l’orientation et la structuration du marché. S’ils ont un discours souvent plus économique que social, il est toutefois possible de voir qu’à travers leurs projets de lois, ils tentent de changer la structure du marché québécois et qu’ils ont compris que cela passe par l’adoption de politiques publiques.

Là réside d’ailleurs une grande partie de l’expérience du PEQ, c’est-à-dire la formulation de projet de loi. Bien qu’il ne s’agisse que d’une simulation, la constitution du caucus rouge laisse sans contredit voir que plusieurs de ses membres croient et souhaitent réellement voir des projets de loi semblables à ceux proposés au PEQ mis en œuvre.

Élise Ducharme Rivard

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