Du gouvernement à l’opposition

Mon expérience en tant que député du gouvernement rouge a pris fin aujourd’hui avec l’adoption de tous nos projets de lois ainsi que de notre budget. Bien que ceux-ci n’aient pas suscité une myriade d’exaltations non contenues de la part des Bleus, certains ont eu le courage de voter en faveur ou du moins se sont-ils abstenus de voter contre. J’ai été assez abasourdie de constater le nombre assez élevé des membres de l’opposition ayant appuyé le projet de loi en fiscalité qui vise à imposer un taux unique de 19 % aux contribuables québécois concernant la déclaration de revenus. À voir les nombreuses critiques des Bleus à nos projets de loi, j’ai bien peur de ne pas pouvoir me ranger derrière une quelconque de leurs déclarations. Mon défaut est bien que je ne sache pas m’exprimer oralement aussi bien qu’à l’écrit, l’écriture étant plus conciliante et, surtout, sans appel. Un autre qui m’ampute considérablement et qui me met fortement à l’épreuve ces jours-ci : mon cruel besoin de sommeil. Tiraillée entre mon désir d’observer et mon désir de réagir (devrais-je plutôt écrire de provoquer) mes homologues de gauche, je me vide le cœur tous les soirs dans cette chronique qui ne doit être lue que par celui à qui je l’envoie. Triste consolation pour celle qui se plaît à corriger les fautes de syntaxe et de vocabulaire des membres des deux caucus lors de leurs discours enflammés, mais plus spécifiquement celles qui pleuvent dans les journaux distribués chaque matin. Mes yeux saignent à la lecture de ces articles, non pas dans leur contenu (bien que, parfois, je me demande s’ils ont vraiment comme objectif d’être impartiaux), mais par la quantité assez importante de coquilles de premier ordre (erreur de participe passé, confusion entre le participe présent et l’adjectif, etc.). N’ont-ils pas deux minutes pour passer le texte à Antidote qui détecte les fautes mineures d’accord et de ponctuation? Bref, je m’égare une fois de plus sur la voie de la langue française, la seule qui soit réellement digne de débats (j’avoue que c’est mon petit côté bleu entièrement assumé).

Je ne sais sérieusement pas quoi anticiper des deux prochains jours à l’opposition. Suis-je réellement prête à entendre les déboires nationaux, culturels et environnementaux d’un groupe à l’extrême gauche du nôtre? Ils proposeront sûrement, avec leurs 31 ministres (la moitié du caucus!), une quantité exorbitante de discours vantant les mérites des programmes sociaux, mais surtout, qui feront l’éloge du statu quo, position qui ne mérite pas que nous nous arrêtions sur elle. Comme disait si bien Guy A. Lepage : « Parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en! ». Répliquer que la situation est bien telle qu’elle se présente est une réelle insulte à l’intelligence des Québécois et à leur capacité à se dépasser et à innover. Pourquoi s’abstenir quand nous pouvons l’améliorer? Il faudrait poser cette question au caucus des Bleus demain lors de la période de questions tant attendue par les têtes fortes (mais aussi les moins fortes) du caucus des Rouges.

Laurence Toth

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