Au delà de la partisanerie…

Tout comme je le redoutais, notre journée à l’opposition fut des plus éprouvantes, malgré nos quelques interventions qui, parfois, ont été réprimandées par la présidence pour leur enthousiasme débordant. Mais qui donc peut les blâmer surtout lorsque nous sommes témoins du discours du ministre du prélèvement systématique qui a annoncé, le plus sérieusement du monde, que son gouvernement percevra une taxe sur les héritages des honnêtes citoyens dans le seul et unique but de les forcer à dilapider leur capital pour stimuler la croissance économique? Ou encore, lorsque la ministre des Services sociaux a fait la présentation de cet ô combien controversé et (un peu quand même) discutable livre sur la prostitution, pouvions-nous réellement nous passer de commentaire? Et même si nous n’avons pas pris la parole tour à tour afin de dénoncer les projets de loi des Bleus, fort est de constater que ceux qui se sont levés en chambre ne les ont pas ménagés (avec raison). Tous les beaux discours du monde ne feront pas voter les Rouges en faveur d’un budget qui taxe la majorité des biens essentiels et qui implante une taxe sur le carbone. Sans doute avez-vous déjà été témoin des nombreux échanges entre les membres des deux caucus, aussi pourrez-vous vous en faire votre propre idée.

Quoi qu’il en soit, je ne cesserai jamais de m’étonner de la vaillance des membres de mon caucus. Nuit et jour, midi ou souper, ils ne manquent jamais à l’appel lorsqu’il est question de discours, de photo officielle, de point de presse improvisée ou de rédaction de dernière minute. Souriants même, ils se mettent au travail avec bonne humeur et n’ont pas peur de martyriser leur corps en lui accordant que quelques heures de sommeil pourtant amplement mérité. Moi qui abordais le PEQ avec distance, avec une certaine retenue quant à mon implication, je me retrouve littéralement pantoise devant les efforts sans cesse renouvelés de mes collègues, efforts qu’ils troquent contre des soirées relaxantes, des nuits reposantes et des repas santé. Je leur lèverai volontiers mon verre demain, lors du souper entre Rouges et Bleus.

Parfois, et plus particulièrement aujourd’hui, lorsque j’observe le gouvernement des Bleus ou l’opposition officielle des Rouges siéger à l’Assemblée nationale du Québec, je ne peux m’empêcher de penser, et sûrement sera-t-elle considérée comme étant assez primaire, que nous sommes les bâtisseurs de demain, les députés de notre avenir, mais surtout, les ministres de nos propres entreprises. Jamais je n’aurais cru un jour prendre place comme député dans cette humble demeure de droit, de justice et de démocratie. Quelquefois, je suspends mon attention pour balayer la salle du regard et ce que j’y vois me fait inévitablement sourire : des jeunes adultes passionnés et passionnants à la solde de leur vision méliorative du Québec. La sérénade que je chante accompagnée de mon violon ne s’éternisera pas, je ne tenais qu’à exprimer mon admiration, à défaut de pouvoir le témoigner en chambre, en réponse à une déclaration ministérielle, sous les yeux réprobateurs de mes collègues habitués à montrer les crocs plutôt qu’à lancer des fleurs.

Laurence Toth

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